Petit Chaperon rouge

Chère amie,

« Il était une fois une petite fille … on l’appelait le Petit Chaperon rouge. » (Charles Perrault, 1679). Un conte que l’on raconte aux enfants. Une histoire qui m’est familière.

En 1812, les frères Grimm l’ont écrite avec une fin heureuse : grâce à l’arrivée d’un chasseur, la petite fille et sa grand-mère sont sauvées et le loup est puni.

Mais les histoires ne finissent pas toujours bien. Dans la version de Charles Perrault, par exemple : le loup dévore le Petit Chaperon rouge, et c’est fini !

Personne pour venir au secours de la petite fille.

Autour de ma maison, rôde souvent un vieux renard, au pelage rugueux. Il est rusé et perfide. Sans gêne, il va et vient impunément devant la porte d’entrée.

Et il y a la fouine aussi, qui le suit comme son ombre. Elle vient la nuit, silencieuse et discrète, et se faufile sournoisement dans le grenier.

Ensemble, ils réveillent en moi la peur du loup, même s’ils n’ont pas la même force que lui.

J’ai beau essayé de les chasser, ils reviennent toujours. Je ne peux pas m’en débarrasser, ils sont protégés par la loi.

Alors, j’ai décidé de sortir de ce lieu où je ne trouve pas le repos et je me suis mise à la recherche d’un endroit à l’abri du loup, du renard et de la fouine, un endroit loin de la sombre forêt. J’ai parcouru un long chemin, par monts et par vaux. Et j’ai trouvé, dans le bourg, un endroit qui porte le numéro 3. Dans une jolie maison avec un petit jardin pour regarder pousser les fleurs, un endroit où je pourrai installer un petit nid douillet.

Mais l’autre jour, un jeune renard est venu rôder autour de ce nouveau projet. Un problème de numéro d’appartement et de place de parc. Les renards sont partout, même en ville. Et s’ils ne sont pas tous perfides comme le vieil animal qui rôde autour de ma maison, ils ont pourtant tous la capacité de réactiver ma peur du loup.

Tapie dans un coin de ma tête, cachée dans mon corps tremblant, elle n’attend que la visite d’un renard pour revenir à la surface, et je n’ai pas fini de l’apprivoiser.

Cette fois pourtant, je ne me suis pas laissée intimider. Je ne me suis pas écrasée. J’ai osé poser des limites, sans culpabilité, avec fermeté et douceur, comme je l’ai appris avec le thérapeute qui m’aide à soigner ma peur.

Je suis restée enfermée de nombreuses années dans le ventre du loup, jusqu’à ce que Dieu vienne à mon secours, comme le chasseur dans la version des frères Grimm, pour me délivrer de mon histoire.

Un long processus de restauration dans lequel Dieu m’accompagne pas à pas. Il ne parle pas aux renards à ma place, il ne débusque pas les fouines pour moi, il ne chasse pas la peur du loup d’un claquement de doigts. Il traverse simplement chaque étape avec moi en me manifestant sa présence.

Cette fois-là, c’est mon mari qui m’a transmis un signe de la part de Dieu en m’envoyant une photo avec cette parole de Jésus écrite en lettres jaunes : « Faites pour les autres tout ce vous voulez qu’ils fassent pour vous. » Matthieu 7:12

En prenant la photo, il n’a pas fait attention aux places de parc, au numéro 3 inscrit sur le sol … des détails, peut-être. Des traces insignifiantes, qui m’ont pourtant sauté aux yeux.

Comme un clin d’œil de la part de Dieu, lui qui nous rejoint dans le concret de nos situations pour nous apprendre à vivre une foi incarnée.

S’il est vrai que les renards font pour les autres ce qu’ils ne veulent pas que l’on fasse pour eux, avec cette photo Dieu m’a rassurée : « Je suis avec toi. Quoi qu’il arrive, je pourvoirai. Je te garde. Je veux ton bien. Tu peux avoir confiance. »

Il a dit aussi : « Je prends plaisir en ce que tu fais. »

Et j’ai compris que quand je pose des limites, je ne protège pas seulement mon espace, mais je porte cette parole : « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous. » Matthieu 7:12 ;

J’honore ce commandement : « Aime ton prochain comme toi-même. » Matthieu 22:39 ;

Je me respecte moi-même en tant qu’enfant de Dieu pour briller comme un flambeau dans le monde, portant la parole de vie. (cf. Philippiens 2:14-15) »

Ce soir-là, je me suis endormie avec une confiance renouvelée.

Et le lendemain, le jeune renard s’en est allé, la queue entre les jambes, respectant mes limites.

Quelques jours plus tard, je l’ai recroisé dans la rue. Il m’a souri.


 
 

Sylvie Scheidegger
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